Ce que coûte un pont de quelques années
L’âge légal de la retraite dépend de votre année de naissance, et ce n’est pas vous qui le fixez. Ce que vous fixez, c’est le jour où vous fermez le cabinet. Entre les deux : des années sans pension et sans revenu d’activité, que personne ne financera à votre place. C’est le pont. Et il se chiffre en une multiplication.
| Revenu mensuel souhaité | Pont de 3 ans | Pont de 4 ans | Pont de 5 ans |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | 72 000 € | 96 000 € | 120 000 € |
| 2 500 € | 90 000 € | 120 000 € | 150 000 € |
| 3 000 € | 108 000 € | 144 000 € | 180 000 € |
| 4 000 € | 144 000 € | 192 000 € | 240 000 € |
Votre équation en 4 chiffres
Prenons un cas concret (exemple) : s’arrêter à 60 ans, dans 12 ans, avec un pont estimé à 4 ans et 2 500 € par mois, soit 120 000 € à réunir. Vous disposez de 35 000 € aujourd’hui et pouvez épargner 450 € par mois. Ces 4 chiffres suffisent à calculer la seule inconnue qui compte : le rendement qu’il vous faut.
| Hypothèse de rendement net | Capital à 60 ans | Verdict |
|---|---|---|
| 0 % · l’épargne dort | ≈ 100 000 € | Il manque 20 000 € |
| ≈ 2,5 % par an | ≈ 122 000 € | Objectif atteint |
| ≈ 4 % par an | ≈ 139 000 € | Plus de six mois de pont en marge |
Le pont, le relais, la croisière
Pourquoi pas le PER, puisqu’il est fait pour la retraite ? Parce qu’il ne se débloque qu’à l’âge légal de la retraite (hors accidents de la vie et achat de la résidence principale). Les années entre vos 60 ans et cet âge, lui ne les financera pas. D’où l’architecture en trois temps : le pont d’abord, le relais ensuite, la croisière enfin.
- D’ici vos 60 ansConstruireVersements programmés : assurance-vie / capitalisation pour le pont, PER pour le relais
- De 60 ans à l’âge légalLe pontRachats programmés sur l’assurance-vie ou le contrat de capitalisation : votre revenu tombe chaque mois
- À l’âge légalLe relaisLe PER se débloque et prend la suite du pont
- À la liquidation des caissesLa croisièreVos pensions obligatoires arrivent ; le capital restant devient marge, ou transmission
La bonne enveloppe
Le pont a un cahier des charges strict : être disponible à 60 ans, verser un revenu mensuel régulier, et ne pas perdre en route ce qu’il a mis douze ans à construire. Trois enveloppes se présentent : deux font l’affaire, la troisième attend son heure.
| Enveloppe | Pour ce projet | Pourquoi |
|---|---|---|
| Assurance-vie | Le socle du pont | Disponible à tout moment ; rachats programmés qui tombent comme un salaire ; fiscalité des rachats qui s’allège après 8 ans de contrat |
| Contrat de capitalisation | Le complément | Cousin de l’assurance-vie pour les rachats ; il peut en plus se transmettre de votre vivant, utile si le pont laisse un solde |
| Plan d’épargne retraite (PER) | Pour après l’âge légal | Bloqué jusqu’à l’âge légal de la retraite (hors accidents de la vie et achat de la résidence principale) : il ne finance pas le pont, il prend le relais ensuite |
Ralentir plutôt qu’arrêter
S’arrêter net n’est pas la seule voie. Passer à quatre jours, lâcher les gardes, réduire le cabinet : si l’activité réduite couvre l’essentiel de vos besoins, le pont n’a plus qu’un complément à financer. S’il ne manque que 800 € par mois, le pont de 4 ans tombe à 800 € × 12 × 4 = 38 400 € (exemple) : à peine le tiers d’un pont complet.
Le même cabinet, deux fins de carrière
Veut fermer son cabinet à 60 ans, avec un pont estimé à 4 ans et 2 500 € par mois, soit 120 000 €. 35 000 € disponibles, 450 € d’épargne possible par mois. Exemple illustratif.
Tout dort sur les livrets et le compte courant : ≈ 100 000 € à 60 ans, et il manque 20 000 €. Concrètement, ce sont des mois de cabinet en plus pour les trouver, ou un revenu de pont raboté.
Les 4 chiffres posés à 48 ans, une assurance-vie dédiée au pont, un PER alimenté pour le relais, une allocation équilibrée puis sécurisée à l’approche des 60 ans : le pont est financé, et les rachats programmés prennent la suite du cabinet dès le premier mois.